Centriste, bien entendu !!

Publié le par Bestfriend

Centriste, bien entendu !!

Sur ce blog et sur Twitter, je me fais souvent apostrophé par des gens,surtout de gauche qui remettent en cause le caractère "centriste" de mon engagement. Cela est souvent sous-entendu d'une accusation de faire partie de la droite "dure" voire de l'extrême-droite.

Tout d'abord, ce positionnement n'est pas forcément lié à la situation franco-française mais à ce que j'observe sur le plan européen voire au delà. Je ne me sens pas si éloigné des sociaux-démocrates allemands ou de l'Europe du Nord, qui à ma connaissance sont de gauche (Rappelons que Marx a été un pilier du SPD Allemand), et pas plus en phase avec un David Cameron qui se satisfait d'un régime monarchique,d'une économie où les travailleurs sont davantage mis en concurrence que les financiers ou les propriétaires terriens.

J'ai souvent souligné qu'au contraire,c'était surtout la gauche française qui avait un problème de positionnement car elle se situe presque entièrement à l'extrême-gauche sur le plan européen. En effet, elle s'est encore fait élire sur la promesse de revenir sur toutes les lois votées par Nicolas Sarkozy qui sur le plan économique n'étaient pas plus de droite que celle de Gerard Schroeder, ou que celles des nombreux partis de gauche au pouvoir en Europe Centrale ou en Scandinavie qui ont été bien plus loin dans les privatisations, dans la réduction du nombre de fonctionnaires et dans l'alignement de leurs avantages sur le secteur privé. En clair, la gauche française n'existe pas, ou peut-être de manière marginale au PS autour de Manuel Valls, et il y a surtout une extrême-gauche pesant davantage que dans aucune démocratie occidentale.

Par ailleurs, cette accusation d'être un "salaud de droite" vient d'une autre escroquerie intellectuelle : l'Islamophobie. Pour une partie de la gauche, on est forcément de droite ou d'extrême-droite dès que l'on manifeste la moindre hostilité envers ce que peut produire cette religion quand bien même, comme c'est mon cas, on ne se considère pas comme islamophobe (J'ai par exemple noté que Onfray et d'autres oubliaient qu'avant Mahomet, la condition des femmes ou des esclaves étaient encore pire au Moyen-Orient, ou même ailleurs). Mais depuis assez longtemps, la gauche a voulu se servir des peuples du tiers-monde comme des compagnons de route indiscutables dans le combat politique contre les multinationales, le patronat, les institutions chrétiennes, la bourgeoisie ect..., quand bien même ces peuples de part leur religion étaient les tenants d'un ordre bien plus inégalitaire, sexiste et obscurantiste.

La gauche s'est d'ailleurs retrouvée prisonnière de la dérive de l'Islamisme, car on y trouve des personnes qui sont encore très complaisantes vis à vis d'un Tarik Ramadan ou même du Hamas, et d'autres pas forcément à l'aile droite du PS (Caroline Fourest, Michel Onfray) qui semblent avoir sur l'Islam des positions au moins aussi critiques que les miennes. La mise en cause de mon positionnement "centriste" au vu de mes déclarations sur tel ou tel sujet lié à l'Islam n'a donc pas de sens, sinon celui de dénigrer son contradicteur par des clichés sectaires.

Mais si je ne suis pas "de Droite", c'est aussi pour une autre raison : Le refus de l'élitisme et l'individualisme. Cet individualisme n'a rien à voir avec l'égoïsme mais comme le définissait Jack London dans 'Martin Eden", journaliste engagé découvrant rapidement les travers du socialisme, il cherche à prendre en considération les intérêts de chacun, avant l'intérêt général ou celui d'une élite. Je rejette donc vigoureusement cette tendance qu'à la gauche à "faire rêver les gens" ou alors celle de la droite de se satisfaire qu'il soit possible à chacun de réussir, même si c'est beaucoup plus dur à certains qu'à d'autres. Obama, pour mettre tout le monde d'accord se félicitait "qu'il soit possible à tous les enfants américains,quelque soit leur couleur de peau, de rêver de devenir un jour Président des USA". Tout le monde d'accord, sauf moi !!

Car l'égalité, des chances, c'est très bien, mais certainement pas suffisant. Si un jour le monde compte comme les démographes le prévoient,dont certains avec satisfaction, plus de 15 milliards de personnes, il est probable que l'on trouve à travers le monde un nombre non négligeable de destins "à la Obama", des gens nés parfois dans un bidonville de Lagos ou de Calcutta qui seront parvenus à un poste de leader politique, de PDG de multinationale, de chanteur ou d'acteur célèbre. Faudra-t-il considérer que le monde se porte mieux ? alors que les autres enfants du même bidonville y seront toujours à vivoter dans des conditions proches d'un camp de concentration, ou seront morts dans des conditions affreuses dans les conflits ethniques ou religieux de plus en plus violent qui toucheront la majorité des humains ? Non, donc il n'est pas question pour moi de regarder le monde comme le font les élites de droite et de gauche;donc on risque de ne pas être d'accord pendant encore assez longtemps.

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demi-mot 07/09/2015 09:58

Si la gauche française se situe, comme vous les dites, à l'extrême-gauche sur le plan européen, comment se fait-il alors que l'actuel gouvernement français, soi-disant socialiste, mène une politique économique de droite avec le CICE, les baisses d'impôts, le travail du dimanche, la réforme du code du travail, etc ?
La gauche est peut-être très à gauche quand elle est dans l'opposition, mais quand elle est au pouvoir, elle fait à peu de choses près, la même politique que la droite.

Bestfriend 08/09/2015 22:37

L'actuel gouvernement mène cette politique car arrivé au pouvoir,il a massivement augmenté la fiscalité, supprimé des éxonérations comme celle des heures sup, et a vu en fin 2012 qu'il allait droit dans le mur.Donc rétropédalage et remise en place en catimini de certaines mesures de Sarkozy, mais avec plein de contradiction qui ont continué à pourrir la vie des entreprises (Ex: projet du compte pénibilité, dispositions de la loi Duflot qui arrivent juste maintenant en application en complexifient les transactions immobilières). Mais politique qui ne touche toujours pas aux soviets, très favorisés au début du quinquénat (embauches de fonctionnaires, suppression du jour de carence), donc le gouvernement veut générer de la croissance surtout en précarisant les salariés du privé. On est loin de la politique de Schroeder ou de Tony Blair.