Révisionnisme : L'URSS aurait été plus décisive que les USA dans la victoire contre le nazisme ??

Publié le par Bestfriend

Révisionnisme : L'URSS aurait été plus décisive que les USA dans la victoire contre le nazisme ??

L'anti-américanisme brocardé dès les années 90 par Jean-François Revel s'est transformé en une véritable hystérie. Au point que les plus actifs en ce domaine ne sont pas aujourd'hui les gauchistes mais bien l'extrême-droite française dont le nouveau champion s'appelle Vladimir Poutine. Parmi les mensonges, lus et entendus sur les média et réseaux sociaux, l'un particulièrement surprenant concerne la 2e guerre mondiale car, comme au beau milieu de la guerre froide, il vise à minorer totalement l'action américaine et faire croire que les soviétiques dirigés par l'héroïque Staline ont fait l'essentiel du boulot.

Si les russes sont arrivés les premiers à Berlin, les américains ont eu à la fois à lutter contre le 3e Reich,mais aussi contre ses alliés,ce qui n'a pas du tout été le cas des Soviétiques. L'Italie de Mussolini a donné beaucoup de fil à retordre aux alliés (chute de Rome 1 an après la prise de la Sicile),mais on oublie le Japon dont la puissance militaire n'était pas tant inférieure à celle du 3e Reich ni la volonté destructrice (30 millions de victimes civiles et presque autant d'atrocités que les nazis) que l'Oncle Sam a du faire reculer au prix de pertes bien supérieurs à celles subies en Europe, et en utilisant la bombe nucléaire 3 mois après la défaite de l'Allemagne.

Surtout, jamais les américains n'ont demandé une aide conséquente au régime soviétique, alors que dans l'autre sens, l'assistance fournie a été d'une grande ampleur .De même, est déterminant le rôle des bombardements sur les villes allemandes qui ont détruit progressivement l'appareil militaire des nazis,l'industrie d'armement,les ports, les voies ferrées.Alors que les tentatives par les airs de bombardements soviétiques sur l'Allemagne ont été très limitées, et ponctués d'échecs cuisants.

La liste des équipements américains fournis aux soviétiques est considérable et du même montant que ceux fournis aux britanniques: 15 000 avions, 400 navires, 7000 chars d'assaut, 400 000 véhicules, 2000 locomotives, 10 000 wagons,8000 pièces d'artillerie et des milliers de tonnes de vivres, matériaux, équipements comme les 15 millions de paires de bottes ou les 3 millions de pneus. Par ailleurs,l'acheminement de ces produits a été très coûteux en matériel (100 bateaux coulés par les allemands entre l'Angleterre et les ports de la Mer Blanche), et en hommes (5000 hommes tués lors de ces naufrages ou lors des combats sur mer).

Sans l'aide américaine, et sans l'affaiblissement de l'Allemagne causé par les bombardements anglo-américains, l'URSS n'aurait pas pu repousser l'envahisseur, qui poussé par la folie d'Hitler a eu le tort se trop s'avancer notamment à Stalingrad, au point de laisser des centaines de milliers d'hommes sans appui logistique,privés de munitions ou de pièces détachées (Hitler a commis cette folie en espérant une victoire rapide sur le front Est alors qu'il a perdu la partie à l'Ouest) . Ceci, alors que le troupes russes recevaient une aide substantielle de la part des américains via l'Iran (D'où la conférence de Téhéran, mi-43).Le vrai tournant de la 2e guerre mondiale s'est clairement déroulé au Printemps 1942 (La bataille d'Angleterre qui l'a précédée était bien le premier revers d'Hitler) avec une Allemagne qui a commencé à subir totalement les bombardements alliés (Cologne est totalement anéantie fin Mai 1942) et ne peut pratiquement plus bombarder l'Angleterre (D'où recherche dans les missiles V1 et V2). Ce tournant s'effectue aussi dans le Pacifique à Midway où les japonais perdent 4 gros porte-avions,250 aéroplanes, 3000 hommes, puis El Alamein (déroute des troupes de Rommel en Afrique).

Staline n'a en rien été un génie militaire, puisqu'il est déjà responsable de la débâcle initiale avec une Armée Rouge affaiblie par les purges politiciennes, la certitude que le 3e Reich allait respecter le Pacte conclu en 1939 (ceux qui l'ont averti d'une attaque imminente de l'Allemagne n'ont guère été décorés) avec le partage du cadavre de la Pologne; débâcle qui s'est traduite par la mort de 10 millions de personnes,des souffrances terribles lors des sièges de Leningrad (une série de batailles engageant davantage de moyens que celle de Stalingrad), Moscou et bien d'autres villes où le cannibalisme est parfois réapparu, tant la catastrophe humaine était grande.

Par la suite ni Staline, ni Joukov, tout aussi sanguinaire n'ont en rien démontré de génie particulier car l'hécatombe des forces soviétiques s'est poursuivie jusqu'au début de 1944. Les historiens considèrent que le vrai tournant de la guerre sur le front de l'Est est la bataille de Koursk fin Août 1943 (impliquant plus de 6000 chars d'assault) puisque les allemands sont encore en mesure d'encercler des millions de soldats russes et de reprendre leur route vers Moscou. Ils échouent, car déjà le matériel souffre du manque de pièces de rechanges et de renouvellement : l'Allemagne a déjà perdu la guerre sur le front Ouest. Les anglo-américains ont déjà détruit en cet Eté 1943 des pans entiers de l'industrie allemande, Hambourg est pratiquement rayée de la carte au début Août (Hiroshima Allemand),mais aussi les autres grands ports Lubeck et Rostok (détruits dès la mi-1942). En Italie, la Sicile est déjà conquise par les alliés et Mussolini déjà mis en minorité au sein du Conseil Fasciste. Par ailleurs, dans le Pacifique, le Japon a lui aussi perdu tout espoir de vaincre les américains qui se rapprochent de ses cotes.

L'Union Soviétique a bien fourni un effort immense dans la lutte contre la volonté de l'Allemagne Nazie et de ses alliés de mettre le monde en coupe réglée. Il est indéniable que les batailles de Leningrad, Stalingrad et Koursk sont des tournants essentiel de ce conflit. Mais le bilan de 23 millions de morts ne signifie en rien que Staline et son régime abject sont les grands vainqueurs sur le plan militaire; ils ont au contraire une lourde responsabilité dans ce bilan effroyable.

Il est clair que la bataille de Stalingrad a été mise sur un piédestal.Elle n'est ni le tournant de la guerre qui intervient bien auparavant, ni forcément la plus essentielle sur le Front de l'Est. Cette victoire certes importante de troupes soviétiques au courage remarquable n'est pas aussi décisive que celle remportée dans les airs par les anglo-américains. Les Anglo-Américains auraient pu écraser Hitler et ses alliés sans l'aide de l'URSS, et les Soviétiques auraient eu bien plus de mal à s'en sortir sans l'action des alliés. On a glorifié excessivement les victoires d'un dictateur immonde comme Staline pour les besoins de la propagande communiste, histoire aussi de faire oublier le pacte Germano-soviétique de 1939, le comportement ambigu du PCF au début de l'occupation, et de dévaloriser le rôle des USA, le nouvel "ennemi de la classe ouvrière" pour une bonne partie des "pseudo-intellectuels" des années 50-60.

Commenter cet article