La complaisance envers Obama a-t-elle des limites ?

Publié le par Le Monde de Bestfriend

Barrack Obama me semble être un homme remarquable en bien des points et assez lucide pour évoluer positivement sur certains dossiers. Mais je suis assez exaspéré par la complaisance de ces journalistes qui hier poussaient des cris horrifiés face à la politique de Bush, et qui laissent passer des propos véritablement scandaleux du président américain actuel.
 
Propos sur le voile islamique :  Contrairement à ce qu'affirme Bernard Guetta sur le plateau du dernier "Rispostes", Barrack Obama est vraiment rentré dans les détails concernant les tenues que les musulmanes devraient pouvoir porter sans contrainte en occident. Il a bien parlé du voile puisque l'on note un lapsus de sa part (il a dit Hajib au lieu de dire Hijab) qui dans la bouche de Bush aurait été considéré comme un affront terrible envers l'Islam.
 
Et c'est bien la laïcité française qui est visée. D'ailleurs, les américains et les anglais n'ont pendant longtemps jamais bien compris pourquoi les français si à gauche, semblaient aussi intransigeants sur le port de signes communautaristes. Ils ont longtemps considéré cela comme une atteinte aux libertés avant d'évoluer ces dernières années face aux dérives de l'islamisme et à la violence qui parfois s'en dégageait.
 
Alors M.Obama, il faudrait s'offusquer que les femmes musulmanes ne puissent porter le voile dans les écoles françaises, mais pas que les femmes occidentales soient obligées de porter le voile dans ces pays musulmans où vous avez fait vos beaux discours ??
Quand je suis allé dans des mosquées, j'ai enlevé mes chaussures et cela ne m'a pas paru une contrainte quand bien même ces mosquées étaient en France. Si un musulman ne comprend pas qu'on puisse être mal à l'aise lorsque des jeunes filles entrent dans une salle de classe avec un voile leur couvrant une bonne partie du corps et du visage, c'est qu'il refuse les règles séculaires de la communauté de valeur qu'est la France (comme dirait Nicolas Sarkozy).
 
Bravo d'ailleurs encore à Jean-François Copé lors de la même émission d'avoir pris le risque suite à l'éloge prétendument consensuelle de Bernard Guetta de marquer sa différence et de contester le leadership moral du nouveau président américain. Rappelons que J.F. Copé ne roule pas pour Nicolas Sarkozy puisqu´il existe un conflit de personnes entre eux, qui fait d'ailleurs que le valeureux maire de Meaux s'est vu écarté de la liste des ministrables.
  
J'ai parcouru le discours du Caire d'Obama et ne trouve encore, à part quelques anecdotes sur le vécu du président américain, que du bla-bla comme le faisait l'administration Bush quand elle travaillait sur le dossier israëlo-palestinien (où elle a été aussi nulle que dans la politique intérieure américaine avec des conférences couteuses et inutiles comme Anapolis ect...). Déjà, sur le plan du courage politique, le discours exemplaire de Nicolas Sarkozy à Dakar, conspué par tous les faux-amis de l´Afrique, va infiniment plus loin en tenant des propos inédit à charge contre la colonisation tout contre les errements qui ont suivi.
 
Ce qui est d'une extrème gravité dans le discours du Caire, ce sont les propos d'Obama sur une colonisation islamique en Espagne qui aurait été marquée par la "tolérance". En une phrase le président américain se permet de porter un jugement totalement primaire sur une occupation qui a duré plus de 7 siècles et avec des périodes très contrastées, avec parfois des massacres à grande échelle et des villes entièrement brûlées. Ayant des origines espagnoles, ces propos me semblent tout aussi scandaleux que ceux de Jean-Marie Le Pen affirmant que l'occupation allemande en 40-45 n'avait pas été "particulièrement inhumaine". Cela a d'ailleurs suscité beaucoup d'émotion en Espagne mais il n'y a eu aucune solidarité sur cet incident dans le reste des média occidentaux.
 
Rappelons que l'occupation musulmane en Espagne qui a duré de l'an 711 à 1492 a d'abord été le fait des Omeyades qui après avoir pas mal massacré d'autochtones ont pris leur distances par rapport au pouvoir central de l'Empire islamique, et effectivement entre quelques épisodes assez horribles ont laissé les chrétiens et juifs continuer à pratiquer leur culte moyenant le paiement d'un impôt supplémentaire (statut de Dhimmis). Mais l'occupation musulmane a également été le fait par la suite des Almoravides et des Almohades qui ont instauré un régime infiniment plus obscurantiste. D'ailleurs si on a si peu d'éléments sur cette période de l'histoire, c'est que ces braves gens ont pratiquement tout détruit et brûlé, interdisant toute représentation artistique ou figurative aux colonisés. 
 

Décidement, Monsieur Obama, vous êtes au moins aussi nul en politique étrangère que votre prédécesseur l'était en politique intérieure. Mais surtout, honte sur ceux qui laissent passer de telles énormités alors que quelques mois plus tôt, ils réduisaient le discours de Dakar à quelques mots pour utiliser encore la tarte à la crème du racisme.

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bestfriend 13/11/2009 21:30


Bonnes remarques sur le passé d'Obama, lus par exemple sur le blog drzz. Effectivement, il est beaucoup plus musulmans qu'il ne veut bien le dire. Mais je ne lui en veut pas pour cela; mais bien
pour les propos sur la colonisation de l'Espagne qui relaient une propagande purement islamique et véritablement révisionniste quand on sait à quel point les envahisseurs ont massacré, pillé,
réprimé la moindre défiance envers leur religion. Le pire est que finalement cela est pratiquement passé inaperçu en dehors de l'Espagne, ce qui montre à quel point les gens ne savent que se
révolter sur des sujets faciles.

Pour autant, je trouve les Obama fort sympathiques et approuve en partie la politique intérieure qui est menée (réforme du système de santé, hausse des impôts, écologie). Mais il est clair qu'en
politique étrangère, on ne peut pas lui faire confiance pour faire face aux véritables dangers qui menacent notre civilisation.


wihteknight 11/11/2009 11:22


ah bon, tu trouve le discours du Caire un presque non évènement???
tu as du mal comprendre alors, surtout lorsqu'il dit "les US sont le plus grand pays muzzz du monde" comment l'as tu compris, je te donne ma version:
obama est toujours muzz, en tant que président des USA, il est le chef (muzz) de la première puissance du monde, donc ceci démontre cela, et les imams et autres l'on applaudis dans ce sens,
bizarrement le grand Satan est un peu moins grand et un peu moins Satan depuis BHO, non?????
pour les questions que tu te pose, comment un américain a pu entrer au Pakistan dans les années 80, simple, il n'était plus américain, puisque voyageant avec un passeport Kenyan!!!!


extrait de l'interview:

A la question de savoir si McCain a tenté lui-même de le faire passer pour un musulman, Obama répond ceci :

- "Ne tournons pas autour du pot. Ce que je suggérais - vous avez absolument raison au sujet de McCain qui n’a pas parlé de ma foi musulmane. Et vous avez absolument raison sur le fait que cela
n’est pas venu..."

- "Foi chrétienne", corrige le journaliste en interrompant Obama.

- "Ma foi chrétienne. Hé bien... ce que je dis, c’est qu’il n’a pas suggéré que j’étais musulman."

et pour mieux comprendre d'où il vient:

Obama affirmait ainsi en décembre «j'ai toujours été un Chrétien» et il a résolument nié avoir jamais été un Musulman. «Le seul lien que j'aie eu avec l'Islam est le fait que mon grand-père
paternel venait de ce pays [Kenya]. Mais je n'ai jamais pratiqué l'Islam.» En février, il déclara: «Je n'ai jamais été un Musulman. (…) à part mon nom et le fait d'avoir vécu dans une population
musulmane pendant quatre ans étant enfant [Indonésie, 1967-1971], je n'ai que très peu de lien avec la religion islamique.»

«Toujours» et «jamais» ne laissent que peu de place aux tergiversations. Mais de nombreux éléments biographiques, recueillis essentiellement par la presse américaine, suggèrent que le candidat, en
grandissant, s'est bel et bien considéré lui-même et a été considéré par son entourage comme un Musulman.

Père biologique kenyan d'Obama. Dans l'Islam, la religion est transmise à l'enfant par le père. Barack Hussein Obama père (1936–1982) était un Musulman qui a nommé son fils Barack Hussein Obama,
jr. Seuls des enfants musulmans sont appelés «Hussein».

Famille indonésienne d'Obama. Son beau-père, Lolo Soetoro, était aussi un Musulman. En fait, comme la demi-sœur d'Obama, Maya Soetoro-Ng, l'a expliqué à Jodi Kantor du New York Times, «toute ma
famille était musulmane et la plupart des gens que je connaissais étaient musulmans». Une publication indonésienne, le Banjarmasin Post, cite un ancien camarade de classe, Rony Amir, se rappelant
que «tous les parents du père de Barry étaient de fervents Musulmans».

L'école catholique de Barack Obama à Jakarta.
École catholique. Nedra Pickler, d'Associated Press, relate que «des documents montrent qu'il était inscrit en tant que Musulman» pendant ses trois premières années de scolarité dans une école
catholique. Kim Barker, du Chicago Tribune, confirme qu'Obama était «désigné comme musulman sur le formulaire d'admission à l'école catholique». Un blogueur qui se présente comme «Un Américain
expatrié en Asie du Sud-est» a découvert que «Barack Hussein Obama était inscrit sous le nom de ‹Barry Soetoro›, matricule 203; il a été admis à l'école primaire franciscaine Asisi le 1er janvier
1968, dans la classe 1B. (…) Selon son dossier, la religion de Barry était l'Islam.»

École publique. Paul Watson, du Los Angeles Times, a appris d'Indonésiens proches d'Obama à l'époque où il vivait à Jakarta qu'il «était inscrit comme Musulman par sa famille dans les deux écoles
qu'il a fréquentées». Haroon Siddiqui, du Toronto Star, s'est rendu dans l'école publique de Jakarta public où Obama a fait ses classes et relate que «trois de ses enseignants dirent qu'il était
inscrit comme musulman». Siddiqui prévient certes que «vu l'état lacunaire des archives de l'école, dévorées par la vermine, il faut se fier aux souvenirs incertains des gens», mais il ne cite
qu'un enseignant retraité, Tine Hahiyari, qui soit revenu sur ca certitude antérieure selon laquelle Obama était inscrit comme musulman.

L'école publique de Barack Obama à Jakarta.
Classe coranique. Dans son autobiographie, Dreams of My Father (Rêves de mon père), Obama raconte qu'il a eu des problèmes pour avoir fait des grimaces pendant des cours coraniques, révélant ainsi
qu'il était bien un Musulman, car les élèves indonésiens de l'époque suivaient des cours d'éducation religieuse correspondant à leur foi. En fait, Obama garde même des souvenirs clairs de ces
cours: Nicholas D. Kristof, du New York Times, relate qu'Obama «s'est souvenu des premiers versets de l'appel islamique à la prière et les a récités [à Kristof] avec un excellent accent».

Présence à la mosquée. La demi-sœur d'Obama se rappelle que la famille allait à la mosquée «pour les grands événements de la communauté». Watson a appris par des amis d'enfance qu'«Obama venait
parfois à la mosquée locale pour les prières du vendredi». Barker a découvert qu'«Obama accompagnait de temps en temps son beau-père aux prières du vendredi». Un ami indonésien, Zulfin Adi, déclare
qu'Obama «était un Musulman. Il allait à la mosquée. Je me souviens de lui avec un sarong [un vêtement porté par les Musulmans].»

Piété. Obama dit lui-même que lorsqu'il vivait en Indonésie, un pays musulman, il «ne pratiquait pas [l'Islam]», admettant ainsi implicitement qu'il avait alors une identité de Musulman. Et des
Indonésiens ont de lui des souvenirs différents. L'un deux, Rony Amir, décrit Obama comme «très religieux, dans l'Islam, à l'époque».

Le fait qu'Obama soit né musulman et qu'il ait quitté cette foi pour devenir un Chrétien n'a rien qui puisse influer, dans un sens ou dans l'autre, sur son aptitude à devenir président des
États-Unis. Mais s'il est né et a été élevé en tant que Musulman et qu'il cache ce fait, cela constitue une grave duplicité, une dissimulation fondamentale, qui en dit très long sur son caractère
et ainsi sur la pertinence de sa candidature.


David 29/08/2009 19:54

Excellent article !! Et un rappel salutaire !!

bestfriend 28/08/2009 23:50

Eh bien ! Depuis mon petit laius alors que l'état de grâce de Barrack Obama semblait éternel, le vent a tourné.
C'est en plus assez injuste, car depuis, le président américain n'a à mes yeux pas commis d'erreur aussi grave que celles qui avait suscité ma réprobation.

Sa réforme de l'assurance santé me semble assez équilibrée (c'est mon vieux fond social-démocrate qui parle) car conduisant à moins de dérives et plus de responsabilités que le système français.

En fait, on se rend compte que les américains sont très méfiant vis à vis de toute étatisation, et que lorsque l'on leur annonce une ponction presque raisonnable (à coté de la véritable spoliation excercée sur les salaires en France) sur leur salaire, ils sont beaucoup plus réticents que ne le pensaient les donneurs de leçon.