La stratégie du PS de ménager les islamistes.

Publié le par Bestfriend

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Le PS a longtemps été un parti à la fois populaire chez minorité raciales ou religieuses car la gauche a souvent su faire preuve d'empathie envers eux, la droite de l'époque cherchant à protéger un ordre établi plus que discutable. Durant des décennies, il était possible pour les socialistes d’à la fois recueillir l'adhésion d'une grande partie de la communauté juive (d'ailleurs des leaders éminents comme Léon Blum en sont issus) et celle des différentes communautés de religion musulmane.

 

Le conflit israélo-palestinien a progressivement rendu très difficile la possibilité de courir les 2 lièvres à la fois. En tant que membre du PS, j'ai pu voir dès les années 90 de nombreux militants, dont j'étais d'ailleurs assez proches, s'alarmer de la montée de l'influence de la religion musulmane dans la société française car celle-ci se manifestait par des demandes de plus en plus pressantes de dérogations sur des valeurs républicains et même sur les principes les plus élémentaires des droits de l'homme, et surtout des femmes ( uniforme vestimentaire disgracieux, désagréable imposé à de plus en plus de femmes, mariages forcés, polygamie déguisée, excisions des jeunes filles ect...). Mais en plus, les véritables humanistes ne pouvaient accepter la justification d'un terrorisme islamique de plus en plus sanguinaire. Et au sein de ce même PS, j'ai vu également l'aile gauche considérer de plus en plus Israël comme un pilier irrécupérable de ce qu'ils appelaient l'impérialisme occidental, et donc presque un ennemi.

 

Les dirigeants du PS et les élus locaux ont souvent essayé de promouvoir une coexistence pacifique, mais de temps à autres on en a vu agir comme lors de l'élaboration d'une loi sur le port du voile à l'école entre 1990 (Le ministre de l'éducation Lionel Jospin saisit le Conseil d'Etat en vue de l'interdiction) et 2004 (vote de la loi au Parlement) où les socialistes ne se sont pas distingué par un laxisme particulier.

 

Au début des années 2000, plusieurs éléments ont définitivement compliqué les choses.

La communauté juive, en dehors même du problème de l'Islam, s'est de plus en plus déporté vers la droite de l'échiquier politique et pas seulement au niveau français. Cette communauté est aisée, parvient à bien s'adapter à la mondialisation et aux règles du nouveau capitalisme. Le néo-conservatisme qui a porté G.W.Bush à la Maison Blanche illustre bien cette tendance car des figures éminentes comme Leo Strauss, Irving Kristol ou Paul Wolfovitz sont tous issus de la communauté juive et en plus étaient à la fin des années 60 des pacifistes voire des trotskistes. Ce mouvement totalement sous-estimé, méprisé et vilipendé par les média français a pourtant une analogie évidente avec l'évolution idéologique d'intellectuels de gauche comme Alain Finkielkraut, André Glucksmann, Pascal Bruckner, Elisabeth Levy qui font tous également partie de la communauté juive et que certains voudraient faire passer pour d'horribles réactionnaires puisqu'ils ne sont pas tendres avec la religion des damnés de la terre palestinienne.

 

Par ailleurs, et même avant le 11 Septembre, on a bien senti une montée de la radicalité dans les communautés musulmanes présentes en Occident et notamment en France. Le dossier palestinien semble souvent n'être qu'un prétexte pour attiser la haine des juifs et de leurs soutiens, mais aussi pour imposer une pratique plus résolue de la religion, et même une vision plus obscurantiste au sein des communautés présentes sur le sol français. Ex: La hausse du nombre de personnes pratiquant le Ramadan qui est pourtant une épreuve extrême pouvant mettre en difficulté le pratiquant ou la pratiquante dans sa vie professionnelle puisque l'on ne peut garantir une même qualité de travail lorsque l'on passe la moitié de la journée en hypoglycémie et en situation de déshydratation avancée. Le Parti Socialiste français s'est dans un premier temps coupé d'une partie des électeurs musulmans les plus radicaux et les plus réfractaires à la laïcité, sans pour autant s’attirer l’hostilité de la majorité d’entre eux.  

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 Mais le paroxysme de cet éloignement a été l'épisode de Birzeit où un premier ministre français en exercice, a tout simplement été l'objet d'une claire tentative de lapidation par une foule principalement composé d'étudiants palestiniens. Passons sur l'ignominie et la lâcheté du président de l'époque, Jacques Chirac qui a sans vergogne exploité ce fait gravissime pour de la politique politicienne. Même en dehors de cette forfaiture, il s'agit d'un véritable séisme politique qui sera l'une des raisons essentielle de la défaite historique de Jospin au 1er tour de la présidentielle du 21 Avril 2002. Rappelons que Lionel Jospin n'avait fait que dire imprudemment la vérité à savoir que les actions du Hezbollah contre les villages du nord d'Israël, notamment l'envoi de milliers de roquettes chaque année, n'était rien d'autre que du terrorisme.

 

Les excuses sans doute sincères de Yasser Arafat ont été vite oubliées. Pour l'ensemble du monde musulman et notamment la communauté présente dans l'hexagone, Lionel Jospin était définitivement à classer parmi les agents principaux du sionisme. Au contraire, Jacques Chirac, qui a pris soin également de créer une friction devant les caméras de télévision avec les service de sécurité israéliens durant une visite à Jérusalem est apparu comme l'ami des arabes alors qu'il n'était jusque-là que l'ami des dictateurs arabes les plus sanguinaires (Saddam, et Hafez El Assad). Il est impossible de connaître les statistiques, car le procédé serait quasiment illégal au regard des lois françaises, mais il semble clair que le 21 Avril 2001, le candidat socialiste n'a recueilli qu'une part infime des votes de la communauté musulmane en France alors que Jacques Chirac a sans doute obtenu dans cette communauté un score inédit pour un candidat de la droite française.

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Ce fait considérable, et pour autant bien peu abordé dans les média, Pascal Boniface l'avait prévu et en avait parlé avec Lionel Jospin pour que la stratégie du PS évolue. M.Boniface est un observateur très avisé du monde arabo-musulman, et pour cause, il est directeur de l'IRIS, un think-tank très marqué à gauche et copieusement subventionné par l’Etat, qu'on l'a autorisé à créer après qu'il ait conseillé Jean-Pierre Chevènement et Pierre Joxe.

 

Le raisonnement de Boniface est à la fois simple et profondément cynique. Pourquoi chercher à tout prix à ménager la communauté juive, qui ne compte plus que 500 000 personnes et dont le nombre n'a pas tendance à beaucoup augmenter, alors que la communauté musulmane est déjà 10 fois plus nombreuse et qu'elle le sera peut-être 20 plus d'ici quelques années. En clair, il faut comme pas mal d'organisation onuesques, d'intellectuels poussiéreux, d'étudiants boutonneux, s'indigner des actions musclées de l'armée israélienne mais fermer les yeux sur le totalitarisme qui utilise comme moyen d'action les attentats suicides au milieu de civils, fermer aussi les yeux sur bien des aspects antidémocratiques, voire liberticides des communautés prétendument opprimées.

 

Au départ, Boniface s’est fait renvoyé dans ses 22 par l’équipe Jospin et a même du quitter le PS après avoir écrit qu’on ne pouvait sur le conflit israélo-palestinien avoir autant d’empathie pour l’occupant (les israéliens) que pour l’occupé (Les palestiniens). Curieux raisonnement qui fait fi de l’histoire, du fait qu’à l’arrivée des sionistes à la fin du 19e siècle, il ne devait y avoir que 300 000 habitants sur l’emplacement actuel d’Israël, et que davantage de juifs furent chassés des pays arabes lors de la création de l’Etat Hébreux (plus d’1 million ) que de palestiniens (800 000 personnes) du territoire israélien. Mais peu importe, après le 21 Avril 2002, les thèses de Boniface ont vite triomphé au sein des nouveaux dirigeants du parti socialistes et discrètement, celui-ci a entrepris un changement stratégique profond visant à reconquérir le vote des français musulmans.

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Il n’est donc pas étonnant de voir ces dernières années, une grande complaisance des mairies dirigées par le Parti Socialistes vis-à-vis de revendications parfois choquante des représentants plus ou moins officiels des communautés musulmanes. On a beaucoup parlé de la piscine de Lille interdite aux hommes à certaines heures pour que des femmes musulmanes puisse pour les uns y accéder, mais pour d’autres continuer à passer leur vie enfermées dans un uniforme avec la bénédiction de Martine Aubry et de Pascal Boniface.

 

Par ailleurs, on pourra souligner que depuis longtemps, aucun leader socialiste n’a pris le risque de tenir des propos qui puisse être considérés comme désobligeants vis-à-vis des palestiniens les plus extrémistes, ou très hostiles à telle ou telle pratique religieuse contraire aux principes républicains. Le PS compte quelques figures de confession musulmane, mais ceux-ci ne sont pas vraiment plus nombreux qu’au Modem (qui a un moment récupéré Jamel Bourhas, médaillé d’or olympique et défenseur du port du voile à l’école) ou qu’à l’UMP. Mais on pourra noter par exemple que Laurent Fabius lors des primaires socialistes de 2006 avait pris soin de prendre pour porte-parole, Razzi Hamadi un jeune musulman, ancien leader de mouvements étudiants, pour clairement déjouer les accusations de sionisme.

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Il n’y a en rien une islamisation du PS, mais la dessionisation a bien eu lieu et par la suite, la stratégie de complaisance prônée par Pascal Boniface, reste plus que jamais  en place. Pascal Boniface a seulement dû regretter que Martine Aubry retire sa signature d’une pétition dénonçant le « débat-procès sur l’Islam » organisé par le gouvernement, après s’être aperçu que Tarik Ramadan faisait partie de la liste. Qui sait si lorsque la communauté musulmane aura un poids électoral encore plus important, s'associer avec de tels personnages (Boniface et son ami Ramadan) posera vraiment un problème de conscience au PS ??

 

 

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Bestfriend 06/09/2011 20:03


C'est demi-mot, prétendument laïc voire athée, qui s'est offusqué de mon manque de respect envers cette épreuve plus que masochiste qu'est le Ramadan. Je trouver d'ailleurs que c'est un bon exemple
puisqu'il y a chez les musulmans une approbation casi-unanime de cet évenement, alors que sur d'autres sujets comme le droit des femmes, on a des discours assez différents entre les modérés et les
extrémistes.


ankou 06/09/2011 08:18


Limiter les débats sur l'islam à la pratique du ramadan est très réducteur. Pour revenir à cet article, je trouve particulièrement réjouissant de constater que c'est cette même gauche qui il y à un
siècle bouffait du curé qui aujourd'hui trouve formidable qu'une religion tout aussi obscurantiste s'impose en France en asservissant les plus défavorisés. La France jacobine, qui éradiqua les
langues et cultures régionales, à grand coups d'anathèmes lancés par les hussards noirs de Jules Ferry se couche devant l'islam. La gauche féministe, qui lança à la face des barbons paternalistes
ses soutiens-gorges, se dresse poing en l'air pour apporter son soutien à une poignée de militantes islamiste qui tente d'imposer leur vision archaïque de la foi. A force de s'inscrire toujours en
« contre », la gauche s'est perdue...


Bestfriend 02/09/2011 22:17


Le problème du Ramadan, ce n'est pas seulement la santé des musulmans, mais quand on évoque les personnes qui conduisent en état de déshydratation avancée et d'hypoglycémie, il s'agit bien de
considérer qu'il y a menace pour la sécurité voire la vie des autres. On a bien raison d'être sévère pour ceux qui conduisent en état d'ébriété mais qui peut contester qu'une personne conduisant à
18h après 10 h de jeune total est tout aussi dangereuse au volant qu'une personne avec 0,8 g/ litre.
Vous dites qu'on n'a pas constaté beaucoup plus d'accident en période de Ramadan. Effectivement, aucune enquête pour l'instant ne montre de hausse significative, mais n'est-ce tout simplement parce
qu'aucune enquête n' a été menée sur le sujet ??
Il y a des éléments qui me conviennent très bien dans le Ramadan, mais sa pratique trop radicale surtout dans une société moderne en fait un rite extrémiste et sectaire. Le Ramadan doit être remis
en question sous sa forme actuelle et des musulmans m'ont souvent dit qu'il pratiquait le Ramadan "américain", c'est à dire qu'il allaient aux toilettes pour boire un verre d'eau ou manger une
barre chocolatée tellement l'épreuve leur semblait absurde.


Thomas Bishop-garnier 02/09/2011 13:13


C'est article correspond à la réalité et il suffit pour s'en convaincre de lire les différents rapports de "Terra Nova".

C'est un reniement des oligarques socialistes vis à vis du combat que des militants et sympatisants du PS ont mené pendant des décennies pour l'égalité et l'émancipation républicaine à la
française;

D'ailleurs, tout le discours sur le "diversité" et "l'intégration" a pour effet de détruire la cohésion républicaine de la France et au quotidien, les rapports sociaux entre les personnes vivant
dans le pays.

Se préoccuper de "paix civile" dans les villes de France est une chose mais ne justifie pas d'accepter une situation d'apartheid communautaire, de "developpement séparé".


demi-mot 31/08/2011 09:41


Si je comprends bien, vous voulez interdire aux musulmans le droit de conduire pendant la période du Ramadan, au motif que le jeûn serait dangereux pour la santé ? Une telle mesure, si elle était
appliquée en France, serait totalement discriminatoire, mais également inapplicable. En effet, comment vérifier qu'un individu au volant est musulman et qu'il fait le Ramadan ?
Par ailleurs, vous devriez savoir que le jeûn n'est pas obligatoire pour les musulmans pratiquants qui souffrent de maladies pouvant entraîner de l'hypoglycémie (ex: diabète) ou une déshydratation
extrême. La mise en cause que vous faites n'a donc pas lieu d'être. D'autant plus qu'on a jamais observé de hausse d'accidents de la route en période de Ramadan.